Aujourd’hui j’avais le goût de partager mon expérience pour les gens qui pourraient être hésitants à déménager dans un autre pays.

Nous sommes arrivés ici alors que ma plus vieille avait cinq ans. Neuf mois plus tard, elle allait commencer la maternelle. Ça me semblait un peu fou mais au bout du compte, il n’y a jamais de meilleure période. Nous avons cru que ça serait plus facile pour elle de commencer l’école directement en anglais. C’est déjà assez paniquant de commencer l’école, pour bien des gens, alors imaginez dans une langue que vous ne connaissez même pas. Finalement, il n’y a peut-être pas de bonne période, il faut simplement se donner le temps de s’adapter.

Ne perdez pas espoir, ne soyez pas trop stressés ça va rentrer dans l’ordre. Comme par exemple, en deuxième année elle réussissait déjà l’examen d’anglais langue seconde, ce qui la ramenait au même niveau qu’un anglophone.

Je tenais à en parler parce que ma fille n’avait aucune connaissance en anglais à son entrée à l’école et elle n’a pas parlé pendant les trois premiers mois de sa maternelle. À tel point que son enseignante nous avait remis de la documentation parce que son comportement se comparait à un enfant qui fait du mutisme volontaire. Autant l’enseignante que nous n’avions pas de réelles craintes de ce côté, c’était plutôt pour trouver des solutions pour l’aider à s’ouvrir.

Malgré toutes ces embûches, elle a fait son entrée au secondaire l’an dernier (Middle School) et elle a réussi à se classer « Honor Class » dans trois matières, dont l’anglais. C’est à croire que son mutisme était pour elle la meilleure façon d’apprendre, tel un bébé qui apprend à parler. Je ne le dis pas parce que ça me semblait impossible, mais j’ai été tellement heureuse pour elle. Ça m’a fait réaliser que malgré que nous avons quitté Québec, notre famille, nos repères, et que nous avons imposé ça aux enfants, non seulement elle maîtrise la langue, mais à un point où elle se classe avec une mention honorifique, ce n’est pas rien comme réalisation.

Si je lui demande ce qu’elle en pense, elle me dit :

"Ben là, ce n'est rien de si exceptionnel maman!" :)

Je lui rappelle toujours comment c’est une force pour elle de maîtriser deux langues. Évidemment que le français n’est pas au top, en écriture et en lecture, mais c’est normal parce qu’on n’en fait pas cinq heures par jour. Ceci dit, nous parlons encore exclusivement en français à la maison et je parle toujours avec mes filles en français à l’extérieur, même s’il y a des gens avec nous.

Bravo ma championne, et continue comme ça! En plus, c’est génial parce que quand j’écris en anglais, j’aime l’idée que je puisse valider avec elle quand j’hésite.

Bonne fin de journée!